Harold Martinez

Harold Martinez est un chanteur nîmois à deux têtes : la sienne et celle de son comparse, Fabien Tolosa à la batterie.
Harold Martinez, l’éponyme, est un grand type brun et anguleux, à l’allure de cowboy sage et à l’œil aussi tendre qu’il est sombre. Sa musique ? Un rythme sourd répété à la batterie, quelques accords minimalistes à la guitare et puis, soudain, un chant … et voilà que se déploie un paysage sec et poussiéreux, une piste rectiligne dans le désert, un horizon aride au crépuscule, une vallée de l’Ouest américain. Cette voix habitée vous hante en l’espace de quelques mots : la définition même de l’état modifié de conscience, un choc viscéral et un voyage hallucinatoire vers les contrées imaginaires de Syd Matters, Nick Cave, Will Oldham et 16 Horspower.

Harold Martinez mélange au fouet un blues sans nonchalance, sans abandon, une country sans la joie fantasmée des bals texans et un folk sans fioriture. Les paroles sont aussi crues et dures que l’est la vraie douleur : celle du deuil, de l’exil, de la rupture. Voix, guitares, batteries : le dépouillement des arrangements accompagne un homme debout qui crie sa peine pour mieux la ravaler. Rythmes répétés, mélodies lancinantes qui montent crescendo : on songe à la transe indienne ou vaudou, à la force mystique de ces chants mais une mélancolie si singulière n’appartient à aucun rite.

Quand le pépiement léger des oiseaux résonne sur l’un des morceaux, on se prend à inspirer longuement… soulagés de constater les traces précieuses de l’espoir et de la légèreté. Signes de la profondeur à laquelle nous avions plongé.

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