Marsatac 2012 — Terminé

  • Paloma
  • Terminé
  • Un festival présenté par PALOMA et ORANE

Pour sa 14e édition le festival de toutes les insurrections musicales choisit l’attaque massive. Pas un assaut,  mais deux. A Nîmes et Marseille. En restant fidèle à sa mission de toujours : défricher les terres méconnues, dynamiter les chapelles étriquées et brasser -dans un cocktail aussi Molotov que retentissant-  hip hop, électro, rock, folk ou  pop…C’est à Paloma, qu’aura lieu la mise en jambes, les 20, 21 et 22 septembre, avant que l’onde de choc ne se propage au chaudron bouillant du Dock des Suds à Marseille les 27, 28 et 29

Le rap français étriqué, tout serré dans son jogging trop étroit ? Non, merci. Jiddy Vybzz, Bunk, Spaaz et Faktiss, Montpelliérains pur jus, ont choisi de se passer des clichés en vigueur. Pas de morale, ni de déprime dans leurs lyrics : sur des flows trépidants, leur hip hop cultive une tchatche volubile. Bien portée par des instrus qui s’autorisent autant des beat house que des clins d’œil pop. Bref, du hip hop grande focale à la faconde toute méridionale !

La filière lyonnaise de l’électro hip hop semble intarissable. Fowatile, gang créé en février 2009, était déjà passé par Marsatac en 2010. Un quatuor surpuissant en scène mené par un rappeur-chanteur, Elby Dillinger, qui ne s’économise pas et un batteur-choriste capable d’enfoncer n’importe quelle beat-machine. Aujourd’hui, Fowatile revient armé d’un album bien roulé «Fowl Steps», sorti en mars 2012, où l’on croise Talib Kweli et Foreign Beggars. Un hip hop sans complexe, taillé pour faire danser et tenir le live.

Rap et électro amalgamés. Si, ça existe. La preuve par quatre avec le collectif de Manchester : Murkage. Les conventions et la bienséance, très peu pour ces Mancuniens énervés qui malaxent à qui mieux mieux rap et grime, dubstep et jungle. Rage punkoïsante en bandoulière, le quatuor de Murkage – avec ses trombines patibulaires mais presque – s’emploie à dynamiter les conservatismes musicaux. Avec un son électro aussi cru que les flows sont revendicatifs…  y’a de la mutinerie  dans l’air !

Avec « fIN », son premier album (sorti en février 2012 chez Permanent Vacation), le DJ et producteur catalan a jeté un pavé inédit dans la mare électronique. House ascensionnelle, électronica foisonnante, groove moite, minimalisme ourlé de synthés 80’s… John Talabot, enfant du Sonar festival, a bien aiguisé ses armes pour sculpter son électro-pop exotique et luxuriante. Surtout, le malin réussit le tour de force d’inventer une musique qui, légère et parfois traversée de mélancolie, colle à la peau et ne vous lâche jamais.

Le Montpelliérain tient bon le cap. Celui d’une house qui envoie des beats tumultueux. Mais pas que. Parce que Joris Delacroix est aussi un artisan de la mélodie. Sans doute qu’être passé par la case piano-solfège dès 4 ans a eu une influence sur celui qui a commencé à composer à 6 ans.
Si les critiques lui tressent volontiers des lauriers de « révélation » de l’électro, c’est que le DJ concocte des sets uniques : aériens et racés, prenants et efficaces.

Pour ces cinq beaux gosses, le mot « pop » est sacré. Une jolie voix façon Pulp, des guitares et des claviers : Citizens !, Londoniens classieux signés chez Kitsuné, croisent dans les mêmes eaux que Grizzly Bear, The Kooks ou Two door Cinema Club. Produit par Alex Kapranos des Franz Ferdinand, les Citizens! viennent de signer «Here we Are», un premier album, frais et sucré. Pas de surprise, ces Citoyens-là font de la très bonne pop anglaise…

Leur hit, «This Head I hold», est une bombe sémillante qui porte la patte ultra groove de Danger Mouse. Electric Guest, duo californien, dont le premier album «Mondo» est sorti début 2012, joue une musique qui fait du bien et a trouvé dans le producteur des Gnarls Barkley, l’interlocuteur parfait. Asa Taccone, chanteur, et Matthew Compton, alias Cornbread (miam !), mixent un pur groove funk à des ritournelles plus pop, des refrains accrocheurs. Résultat : un son très actuel et complètement craquant.

Son vintage, électro, soul et hip hop au bon goût des 90’s… Le légendaire quatuor de turntablists C2C (quatre fois d’affilée champions du monde DMC, s’il vous plaît !) déboule à Marsatac avec sa maîtrise des platines et son sens inné de la mélodie. Les Nantais – embarqués aussi dans les aventures d’Hocus Pocus pour les uns et de Beat Torrent pour les autres – s’annoncent avec un album. Le premier. Technicité confondante et sensibilité musicale intacte pour un set servi avec classe internationale.

Ils ont, en une petite décennie, fait muter à jamais le visage du hip hop anglais. Rien moins. Guidés par leur seule et unique obsession : la fusion nucléaire entre hip hop et dance music. Leurs prestations scéniques ? Atomiques ! Désintégration des genres et amalgame entre grime, drum’n’bass, rap, le tout saupoudré de particules de heavy metal. Les Foreign Beggars débarquent, à Marseille et Nîmes, avec leur nouvel EP « The harder they fall ». Gaffe aux retombées radioactives.

Croiser des voix lorgnant vers les Beastie Boys, chourer des guitares à Angus Young,  glisser un chanteur  – le bien nommé Mister Eleganz – dans un costard taillé pour Frank Sinatra, monter en mayo des beats disco (chorés idoines à l’appui), offrir des shows velus du torse… l’électro-rock jouissive et compulsive de Success (concerts mythiques en 2009 et 2010 à Marsatac) repousse avec une maestria inégalée les limites des conventions musicales qui sentent la pantoufle à pépé.

Enfants du rock anglo-saxon, de Joy Division (grosse influence) aux Strokes, les Von Pariahs n’ont pas beaucoup plus que vingt ans et, déjà, la classe des grands. A coups de guitares nerveuses et de basse très new-wave, ces Vendéens-là déballent des titres rageurs et stylés. Leur plus ? Un chanteur hystérique en scène, né à Jersey, et pour qui l’anglais n’est donc pas une langue étrangère. Repérés au Printemps de Bourges, les Von Pariahs ont la noblesse des indomptables et devraient marquer le rock hexagonal de leur empreinte.

Parés pour la mise en orbite ? Direction Jupiter. Soit une autre planète musicale, c’est clair ! Le duo franco-britannique œuvre dans l’art si délicat (pour ne pas dire franchement casse-gueule) de l’électro-pop teintée de rétro-disco. Sans jamais verser dans l’anecdotique qui fait pschiitt, Jupiter jongle adroitement avec les claviers et les boites à rythmes vintage, les bidouillages, les bruits bizarres et les paillettes. Ça fait plutôt… shebam, pow, blop, wizzzz!

Des percussions pop, des voix aériennes, des guitares parfois chatouilleuses, parfois vaporeuses et quelques notes de synthés : Total Warr se positionne où on ne l’attend pas. Le duo parisien Benjamin Nakache-Guillaume Brouzes, musiciens venus du métal mais qui affichent des goûts assez larges (Weezer, MGMT…) laisse ressortir son côté tendre sur ce projet dont la réputation ne cesse d’enfler. Total Warr, qui se présente à trois sur scène, sonne comme un groupe anglais qui aurait digéré la french touch.

Du punk. Sans guitare aucune. Toute l’identité de Kap Bambino tient là. Dans cet art d’envoyer des morceaux (2’30 de moyenne !) qui filent des palpitations à coup de voix égrillardes, de synthés ravagés et de samples furibonds. Sur scène, l’électro-punk de synthèse du duo bordelais passe de la frénésie pure au chaos libérateur. Un exutoire exultant-exaltant où la distorsion spasmodique est élevée au rang d’art de vivre et le pogo

Un pied dans le hip hop, l’autre dans l’électro, Para One est devenu un des producteurs qui comptent aujourd’hui en France. L’ex-membre de TTC, auteur du mythique «Dans le Club», est aussi derrière les derniers albums de Mickey Green et de Birdy Nam Nam. Quand il ne bosse pas sur ses films (il est diplômé de la Femis), Para One trace sa route musicale en avançant vers un son house toujours plus percutant. En live, l’impact est réel.

Programmer, c’est bien ; initier la création encore plus exaltant. Marsatac franchit à nouveau la barrière et enrichit sa série de Mix Up. Le festival s’est posé cette fois au Maroc. Tendant une passerelle unique entre l’électro-rock affutée des Marseillais de Nasser, le rap coup-de-poing du Marrakchi Komy et la tradition gnaouie portée par le maître gnawa maâlem Hassan Boussou. Résultat ? Un CD à venir et des concerts au Marsatac. Fruits de ces amours inédites où se croisent autant rythmiques digitales que mélopées ancestrales.

Méfiez de l’eau qui ne dort que d’un œil… La pop de Woodkid a beau être limpide et lumineuse, elle recèle son lot d’oubliettes ombreuses, de chausse-trappes ténébreuses et de fantaisies monstrueuses. C’est que chez Woodkid – français (re)connu, aux Etats-Unis et ailleurs, sous le nom de Yoann Lemoine et sa casquette de réalisateur de clips – image et son se fondent. Musique visuelle et image sonore sont sa marque fabrique, en témoigne le somptueux clip «Iron» où l’épique le dispute au tribal.

Seigneur des platines, ce champion du monde DMC (en 2002), n’est pas qu’un monstre de technicité (ce qui, déjà, suffirait à notre bonheur !). Bien sûr, ses scratches sont des modèles de justesse et de dextérité à la précision chirurgicale. Mais si hip hop, reggae, drum’n’bass et jungle filent sous les doigts de ce génial japonais (pilier de Ninja Tune) c’est que DJ Kentaro aime – avant tout, par-dessus tout –  expédier ceux qui lui font face dans une frénésie sans limite…

Ne lui parlez plus de Dubstep… Il préfère «UK bass». Et pourtant, Skream, alias Ollie Jones, est bien l’un des DJ qui a popularisé le genre. Un monument très actif, auteur, depuis 2005, de deux albums et d’une poignée de titres devenus mythiques, comme son remix pour La Roux, « In for the Kill ». Seul ou avec Magnetic Man, son trio avec Artwork et Benga, Skream, 26 ans, s’amuse désormais à zigzaguer entre house, jazz et un dub très sombre. A Marsatac, il sera accompagné de Sgt Pokes, MC du DMZ crew.

Des avalanches de synthétiseurs 80’s, des voix suaves et glam’, de bonnes grosses basses funky et des claps de mains : attention, The Reflex – nom piqué aux mèches blondes de Duran Duran – est une machine à danser ! André Dalcan et Ludmila Cassar, duo sexy, – dont le titre « Wavering » JBAG Remix apparaît sur la dernière compil éclose au sein du label Kitsuné, « Kitsuné Soleil » –  créent une musique qui donne envie d’aller siroter des «Bloody Mary» sur la plage et de se chauffer sur le dancefloor quand le soleil plonge dans la grande bleue… Du post-électro disco parfait pour s’offrir un petit trip hédoniste.

Hip hop, post-punk, électro-rock… aucune case n’est à elle seule assez grande pour y ranger la musique du Sud-Africain Spoek Mathambo. MC à ses débuts, c’est pour élargir encore ses horizons que l’homme a quitté sa terre natale pour la Suède. Là, il a imaginé « Father Creeper », 2e album jubilatoire en forme de foutoir général, où se croisent autant thèmes traditionnels sud-africains, échappées rock rugueuses qu’escapades pop. L’homme est comme sa musique : une boule à facettes à lui tout seul !

Ce rap-là est taillé dans le cynisme brut. Avec « La Fin de l’espèce », Klub des Loosers signe un album abrasif. Une noirceur vénéneuse dans laquelle la plume aiguisée de Fuzati, le MC masqué, remue encore et toujours dans la plaie. Flow tranché et rimes tranchantes partent en virée dans un monde qui n’a ni sens, ni perspective. Attention, au Marsatac, la balade promet d’être férocement rugueuse et cruellement jubilatoire…

Une pure base house, taillée pour emporter le dancefloor, un goût prononcé pour les musiques caliente, le baile funk, le kuduro angolais et même la cumbia : Daniel Pineda et Asma Maroof font de Nguzunguzu une machine de transe particulièrement redoutable. Venu de Los Angeles, le duo applique une recette simple : sur une rythmique qui pilonne, il tisse des escapades mélodiques qui empruntent aux styles qui ravagent la piste. Totalement dévastateur en fin de soirée.

De l’électro-pop à la dance la plus dépouillée, le virage du dernier album de Simian Mobile Disco, «Unpatterns», sorti en mai 2012, est clair et net. Avec ce disque, James Ford et Jas Shaw, les deux ex de «Simian», qui avaient fondé leur «Mobile Disco» pour satisfaire leurs envies personnelles de dancefloor, reviennent aux origines de la house et de la techno. Un son brut, terriblement efficace. Un choix radical que les deux Anglais assument totalement et qu’ils accompagnent sur scène d’un set vidéo captivant.

Ils étaient culte à Ibiza, ils sont devenus légendaires à Madrid où ils possèdent leur propre club. The Zombie Kids – Edgar et Jay, DJs et producteurs – lâchent leurs bombes dance sur le Marsatac. Leur premier single « Face » sentait la poudre, le second « Live Forever » confirme l’embrasement.  C’est que les deux pôles du duo slash se complètent avec une efficacité redoutable. Le premier vient de la planète punk-rock-hardcore ; le second déboule de l’univers funk-soul-hip hop. Le résultat fait monter la fièvre comme jamais !

DJ Busy P, Pedro Winter à la ville, est à l’électro française ce que la Tour Eiffel est à Paris: un emblème (qui brille la nuit !). L’homme, on le sait, est – au volant du label Ed Banger Records depuis 10 ans –  un défricheur patenté de terres vierges électros, doublé d’un sacré dénicheur de jeunes pousses. Description à laquelle on n’omet pas : créateur de mode, skateur invétéré… et DJ, donc.  Au Marsatac, ce vrai couteau suisse de la French touch, promet un set à son image : futé et imprévisible.

Dans la galaxie Ed Banger, voici donc Breakbot. Signé en 2009 sur le fameux label français (après avoir été repéré grâce à un remix rusé de « New Jack » de Justice), le chevelu-barbu ne dépare pas dans le paysage Ed-Bangerien avec son électro-frenchie-sous-influences. Et il invite à siroter ce qu’il décrit lui-même comme des « cocktails disco-funk-electro-power pop » sur fond de « distribution de gros coups de boules à facettes » !  Le genre d’invite, qu’à Marsatac, on ne refuse pas !

«Embody», l’hymne électro de son premier album «Total», a mis le feu à l’été 2011. Mais SebastiAn vient de bien plus loin que ce titre bodybuildé. Membre du team de Pedro Winter, chez Ed Banger, depuis 2004, le DJ et producteur a empilé les remixes musclés pour Daft Punk, Kelis ou The Rapture avant d’affirmer son style en solo : une électro baston… Sur scène, SebastiAn, clope au bec, aime la provoc’ et les shows qui décapent : son «Primary Tour», dans une mise en scène totalitaire, en a sonné plus d’un.

Deux tables, deux gars ; quatre bras, quatre platines. Une seule Christine. Derrière ce nom hautement référencé (hommage à la belle caisse rouge et flippante du film d’horreur éponyme, signé Carpenter), se cache le duo de turntablists, Aevon Seven et Kunst Throw. Leur électro est comme la terrifiante et rutilante Christine : possessive et possédée. Toute en escalades casse-cou, en rythmiques sur la corde raide et en cascades foudroyantes. La virée s’annonce intrépide…

Infos navettes

Bus Aller : Ligne 2 « CHU Carrémeau – Citadelle/Paloma ».
Fréquence : toutes les 10 minutes environ, jusqu’à 21h30.

Les soirs de concert, sur simple demande, le bus vous dépose à Paloma.

Lignes périurbaines déjà existantes : 11,12, 21 et 22

Bus Retour : Ligne 2  « Citadelle/Paloma – CHU Carrémeau »
Tous les arrêts sont desservis jusqu’au terminus  »CHU Carrémeau »

Prix d’un ticket de bus habituel : 1,60 €

Détail des horaires de retour pour ce concert à venir.

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